M O N T R E A L - Q U E B E C - C A N A D A

18.10.11

L’heure et la Scratch. L’impensable arrive !

Publié par Stéphane Le Beau

L’heure

À neuf heures pile Mike prend le départ pour une heure sur la piste. Il doit faire juste un peu moins de 181 tours de piste dans l’heure, 45,189 km. Mike part sur un bon rythme à 46,2 km/h. Puis après 10 minutes, ses muscles se contractent, je vois qu’il respire fort, ce sera difficile, très difficile. Je n’ai plus de voix suite à mon rhume, je cherche à l’encourager à pousser plus fort et encore plus fort, je siffle, j’écris des messages sur de feuilles de papier. Tous les canadiens sont là pour l’encourager. Mike va terminer l’heure avec un manque de 67m, 45,122 km/h.
Il se reprendra mardi prochain. Un homme avec un grand courage et d’une grande dignité. Je sais qu’il réussira cette fois, nous avons discuté des modifications à faire sur son vélo. Il va mettre un plus gros braquet et relever son guidon d’un centimètre… Il fera au moins 45,5 km j’en suis certain.

La Scratch

La qualification peut être stressante pour certains. La moitié des coureurs des deux vagues sera coupée, pour ne garder que 24 coureurs pour la finale. Rien de compliqué dans une scratch, le premier qui croise la ligne gagne ! Dans mon cas, je sais quoi faire. J’ai aussi l’avantage d’être surveillé. La qualification fut une formalité. Sans me pousser à fond, je me qualifie 2e. Ce fut plus difficile pour Sylvan Adams qui a été disqualifié pour avoir passé par la gauche sur la côte d’azur. Malheureusement, tous ses efforts durant la course n’ont pas donné les résultats souhaités...
Je reste au vélodrome en après-midi, j’en profite pour visiter Manchester et me reposer avant la course. Je dors bien dans le box des canadiens au centre de la piste, en compagnie de Pascale. Elle me donne même un conseil : «Fais forcer tous les sprinteurs pour les épuiser avant l’arrivée des 40 tours de piste (10km).

Vers les 20h30 les 24 coureurs s’alignent au bas de la piste, je pense aux mots de Pascale. Et Bang!, le coup de fusil annonce le départ. Je prends mon relai et j’augmente le rythme à 50 km/h et tirant un tour complet. La vitesse reste soulevée pendant un ou deux tours, puis quand elle tombe je relance à nouveau. À mon quatrième coup quand tous les coureurs lèvent le pied et remontent dans le haut de la piste, je plonge à nouveau. Je regarde sous mon bras et je constate qu’ils m’ont laissé partir seul. Au tour suivant, je vois un maillot rouge revenir sur moi, c’est le Danois Claus Christiansen. Je l’attends en me demandant pourquoi les coureurs du peloton nous ont laissés filer seuls devant eux. Les deux meilleurs poursuiteurs libres de s’exprimer avec leurs meilleurs atouts… Sans nous regarder, sans nous parler, Claus et moi partons pour prendre un tour sur le peloton. Notre duo prend rapidement un demi-tour. Le peloton tente une chasse mais nous sommes trop constants et rapides. Le tour est pris rapidement. Les médailles d’or et d’argent sont assurées.

Maintenant il ne reste qu’à surveiller les échappées et me placer pour finir devant Claus. Nous avons fait le travail pour contrer les attaques. À quatre tours de la fin un Britannique lance le sprint pour Claus, ça roule vite. Je suis à 3 vélos de Christiansen qui doit lancer le sprint à 2 tours de la fin. Il hésite un peu et à un tour et demi de la fin, je lance le sprint, je passe Claus, je sais que je vais gagner. La cloche du dernier tour sonne, 250m à fond sans regarder derrière. Je croise la ligne, j’ai gagné la scratch, j’ai mon troisième titre. Ce que je pensais impossible est arrivé.


Merci Pascale pour tes conseils ! Merci Claus d’avoir partagé ton effort avec le mien.
Or Stéphane Le Beau CAN
Argent Claus Christiansen DEN
Bronze Vicente Florio Jorge Zoric ARG
Demain je pars visiter l’Écosse avec Pascale.
Vive le sport et la culture !

La course aux points de Manchester

Publié par Stéphane Le Beau

Suivre son instinct avant tout !
Suite aux qualifications de la course aux points, en avant midi, j’ai pris le départ de la finale avec une certaine confiance, malgré mon rhume et mon mal de gorge qui ne semblaient pas me lâcher. Ça a fonctionné pour la poursuite alors pourquoi pas pour la course aux points. Les coureurs d’expérience comme Wallace (USA), Figueroa (COL), Christiansen (DAN) ainsi que les sprinteurs Zoric (ARG) et Zyrianof (RUS) seront là et me surveilleront. Pour moi, ça m’avantage.

Le départ est donné et déjà la course est animée par mon compatriote Sylvan Adams qui relance à chaque ralentissement profitant des occasions pour s’échapper afin de ramasser des points. De mon côté, j’observe le compte tour et je me place pour être dans une bonne position au moment clé. Un peu avant le sont de la cloche du premier sprint, je prends la tête du peloton avec une bonne vitesse, j’ai confiance et je relâche un peu dans la dernière ligne droite pour voir Sean Wallace m’enfiler et prendre les 5 points. Une erreur importante de ma part, je l’avais sous-estimé. Je corrige la chose au second sprint. Je me mets en bonne position et lance le sprint en poussant à fond sur 300m. Personne ne me passe cette fois et Wallace est blanchi. J’ai 3 points d’avance.
Sylvan Adams tente à nouveau de s’échapper. Je le laisse filer. Personne ne souhaite organiser la chasse, tout le monde me surveille. Il gagne le 3e sprint et je prends la 2e position. J’ai 6 points dans ma poche. Puis ma seconde erreur, je laisse passer le 4e sprint, je ne sais pourquoi, c’est une mauvaise habitude, et je vois Wallace gagner ce sprint.
Adams relance de nouveau. Il a pris 75m sur le peloton avec un autre coureur. Quelques coureurs réagissent et prennent en chasse l’échappée mais à peine un tour plus tard, ils lèvent le pied. Je me lance à fond sur le groupe de Sylvan. Je le rejoins en un tour, Wallace est dans ma roue. Je passe devant et j’ajoute encore plus de puissance. Je donne mon relai, Wallace ne passe pas. Je plonge à nouveau, je donne mon relai et Wallace me suit, collé à ma roue. Sylvan passe, je saute dans sa roue, je prends le relai et de nouveau Wallace ne veut pas collaborer. La cloche sonne pour annoncer le 5e sprint. Avec la fatigue, je tarde à lancer. Erreur ! Wallace a une meilleure accélération que la mienne. Il gagne l’avant dernier sprint et je prends la 2e position.
Ma tête est embrouillée. J’ai perdu le fil des points. Je ne sais pourquoi, mais je crois avoir toujours un point d’avance sur Wallace. C’est peut-être l’image du tableau après le 4e sprint qui m’est resté en tête… Je laisse alors filer un groupe de 3 coureurs avec Sylvan. Puis encore un autre groupe de 2 et un autre 3. Personne pour me mettre en danger. À 5 tours de la fin je vois sur le tableau indicateur que je suis en retard d’un point. Je refais les mathématiques et je vois mon erreur… Est-il trop tard ? Je pense à 200 à l’heure. Le groupe de 5 coureurs à un quart de piste d’avance. L’autre groupe est entre mon peloton et celui d’Adams. Je dois faire au moins un point et finir devant Wallace pour gagner. Je dois chasser seul le groupe de tête. Wallace va me suivre c’est certain. Il aura un grand avantage sur moi dans le dernier tour. De toute façon, je n’ai rien à perdre. En moins de deux ma décision est prise. Je me lance, je donne le coup à 4 tours de la fin. Je dois avoir un synchronisme parfait et prendre la tête à 300m de la ligne puis tout donner. Je pousse d’une façon progressive. Je vois le compte tour «3». Je dépasse le petit groupe de de chasse. Le compte tour montre «2». Je sens ma vitesse qui augmente, comme si j’avais une seconde force en moi. Mon timing est parfait, à 300 m je passe le virage premier, j’entends la cloche, ma tête dans le guidon je vois à peine «1» sur le compte tour. Je donne un coup de rein dans le premier virage et j’ouvre à fond avec un seul objectif, aller plus vite. Il ne reste que le dernier virage et la ligne droite jusqu’à l’arrivée. Je pousse de toutes mes forces, mon coup de pédale est saccadé, j’ai peur de casser. Wallace ne doit pas me dépasser ! Je redouble mon effort et je croise la ligne premier. Personne ne m’a suivi. J’ai décroché Wallace et tous les autres. J’ai la bouche grande ouverte pour reprendre mon souffle après m’être dépassé, plus que jamais. Puis, j’entends Pascale me crier bravo mon amour, bravo mon champion ! Comme les mots de celle que j’aime me font du bien. J’ai gagné mon deuxième titre et surtout un grand bonheur !
J'aurais Sean Wallace et Bernado Figueroa à mes côtés sur le podium. Sylvan Adams prend le 4e rang.




11.10.11

Voilà, j'ai réussi à défendre mon titre...

Publié par Stéphane Le Beau

Une qualification difficile avec l'idée en tête de battre le record du monde de 2 :17,1... J'étais sur le rythme pour le faire. Une fois lancé je devais rouler entre 54,8 et 55km/h. J’avais l’impression qu’il fallait en ajouter. Alors je tente d'accélérer à 4 tours de la fin. Je suis dans le jus, je ne vois pas le compte tour. Malgré tous les encouragements de Pascale, j'explose dans les deux derniers tours et je perds presque 4 secondes sur mes temps de passages. Je fais 2:20,9... Je me qualifie deuxième. C’est le Danois Claus Christiansen qui se qualifie premier avec 5 dixièmes de secondes plus vite que moi. Je vais avoir une finale difficile. Je ne suis plus aussi confiant, Claus est champion européen cette année et il améliore à chaque fois ses records personnels.

La piste de Manchester est différente que celle du Portugal. Les courbes sont longues et les lignes droites sont courtes. Je me pose des questions sur le coup de pédale à prendre pendant ma finale. Je vais plus utiliser les accélérations des virages et moins pousser dans les lignes droites. Je vais aussi partir plus lentement au premier tour et me garder une réserve pour accélérer à 4 tours de la fin. C’est là, je le crois, que la différence se fera.

J’arrive au vélodrome bien reposé, mais anxieux pour la finale. Je prépare mon équipement, mes roues, je vérifie la tension dans ma chaîne, la routine habituelle. Je suis prêt. Bien pas tout à fait… En m’assistant pour mettre mon vélo sur la barrière de départ de départ, Philippe m’indique que j’ai toujours ma roue avant d’entraînement, «Tu n’as pas mis ta roue pleine ? » Mon visage tombe. Je lui dis : « Go ! On la change ! » En 15 secondes mon disque Mavic était sur mon vélo. Personne n’a rien vu. Plus de pression, la nervosité est partie…

Il me reste 50 secondes avant mon départ. J’enfourche mon vélo, je prends deux grandes inspirations, 10 secondes, puis le décompte, je suis synchro avec le l’ouverture de la barrière.

Je pars plus lentement que lors de ma qualification. Le second tour est rapide plus de 54 km/h. Je suis nez à nez avec Claus, Philippe me fait signe d’accélérer. À 4 tours de la fin je pousse sur mes pédales. J’aligne 2 tours à 57 km/h, je prends 2 secondes sur mon adversaire. Il ne reste qu’à finir. Je souffre, mes jambes ne veulent plus suivre le rythme que je leur impose. J’ai peur que Christiansen revienne sur moi. Je regarde devant, les cris d’encouragement me motivent à pousser encore plus fort, à tout puiser dans mes réserves. Je bats le Danois avec 2 secondes d’avance. J’ai défendu mon titre. Je porterai l’arc-en-ciel de champion de poursuite pour une deuxième année.

Demain visite de Liverpool : Let it be

Publié par Stéphane Le Beau

Petite virée

"Voici une photo de vélos opus en repos au cours d’une virée.
Cordialement. "

Michel Picotte