

Il y a un mois, lors des championnats québécois de vélo de montagne, au Mont-Sainte-Anne, Alexandre Frappier a remporté l'épreuve du cross-country de la catégorie maîtres (expert) 30-39 ans.
Alex roule un Opus Fhast en carbone.


Il faut penser, calculer, réfléchir, compter, s’ajuster, se placer. Il faut être là au bon moment, puis donner le coup de rein pour prendre le point nécessaire. C’est ça la course aux points. 80 tours de piste, 20 Km et 8 sprints pour les points. Le gagnant n’est pas nécessairement celui qui franchit en premier la ligne d’arrivée à la fin de la course. Tout ce qui se passe avant a de l’importance, prendre un tour sur le peloton donne 20 points en boni. C’est ma course préférée. Je l’aime pour ce qui se passe dans ma tête à chaque tour. Je l’aime pour les risques qu’il faut prendre avec un vélo sans frein. Je l’aime quand ça frotte. Je l’aime pour l’harmonie entre l’effort physique et la tactique. Tous deux à fond, pendant 80 tours de piste
Je l’aime maintenant encore plus que toutes les courses. Je l’aime pour la médaille qu’elle m’a donnée aujourd’hui, pour le kangourou en peluche qui venait avec, pour le maillot arc-en-ciel, pour le titre mondial, pour le drapeau canadien entre ceux de l’Australie. Oui, je suis Champion du Monde. C’est un plaisir particulier. Rien n’a changé par rapport à hier. Je suis le même. J’ai simplement gagné la plus belle course de ma vie. Ça fait du bien tout simplement !
Sur le podium mes yeux sont pleins d’eau. On me glisse le maillot arc-en-ciel du champion du monde. On me passe la médaille d’or. Photos et poignées de main. Je souris à ma «Handler». C’est la première fois que le Ô Canada est joué depuis l’ouverture des championnats.
Petites notes pour mes confrères pistards et d’équipe :
Gérard-Louis, merci pour les encouragements. Tu avais raison de me pousser à tenter ma chance en Australie.
Des vrais pistards ! Les australiens sont des maniaques de piste. Ils adaptent même leurs scooters pour pouvoir transporter un vélo au vélodrome…

Je rencontre les canadiens Donald Guillmore et Robert Veroba avec Sara Laliberté et son conjoint Scott Laliberté on installe mon «maillot drapeau» sur le support à vélo. On rigole tout en se réchauffant. Une fois la glace brisée, les canadiens sont beaucoup plus agréable qu’au premier contact. Donald et Robert font leur 750m dans la catégorie 40-44 ans. Donald détient le meilleur temps. Ce n’est qu’au dernier départ qu’il se fait prendre le premier rang par un américain.
Puis c’est aux 45-49 ans ma catégorie. Nous somme 34 inscrits. Je suis 21e sur la liste. Dès le premier départ, le temps à battre est de 51,4. Ce sera difficile. Je me réchauffe. Je me sens prêt. Je suis dans le support de départ. Beeb, beeb, beeb, beeb, BEEB, me voilà parti ! Mon premier est OK. Au second je roule à 57,9 km/h. Puis bang je frappe le mur. Ma vitesse tombe, ce que je ne voulais pas est arrivé. J’enfile mon dernier tour à 53 km/h. Je suis 3e au classement provisoire. J’attends les autres départs. Puis je me fais déloger de ma position par un, puis deux, puis trois et finalement 4 autres coureurs. Je termine 7e. Je suis content de mon résultat. Mon temps au dernier tour est sous les 17 secondes. Je serai bien en poursuite. C’est Philippe Vernet un ami Français qui a gagné. Il est dans l’équipe crédit Agricole, celle de Gérard-Louis Robert. Tous les médaillés ont roulé sous les 52 secondes.

Je me rends directement au vélodrome olympique de Bankstown dans la banlieue de Sydney. Une superbe structure ! Encore mieux, je peux rouler. Je sorts tout mon attirail de ma mini voiture et j’assemble mon Opus Libretto 07 de piste spécialement préparé pour ce championnat avec ses roues pleines Mavic à l’avant et à l’arrière et le guidon tout intégré Easton de contre-la-montre.